Le récit de Sébastien
À peine un mois après avoir eu ses 16 ans, Sébastien réussit à se trouver un emploi.
« Hé, maman, s'écrie Sébastien en entrant dans la maison. J'ai trouvé un emploi. Je suis le nouveau gérant de fin de semaine au Dépanneur trois étoiles. »« Super. Combien d'heures vas-tu travailler? Combien vas-tu gagner? »
« Je rentre à 6 h 30 le samedi, je fais la caisse du personnel de nuit, et je surveille pendant que l'équipe nettoie pour le matin. Ensuite, je travaille de 7 heures à 17 heures, je fais la caisse de l'après-midi, et la même chose le dimanche. »
« C'est beaucoup de travail, de dire la mère de Sébastien, l'air inquiète. Tu vas être fatigué et tu vas être obligé de faire tes travaux scolaires le soir alors que tu pourrais
sortir et t'amuser. »« Oui, mais je vais aussi avoir assez d'argent pour m'acheter une bonne auto dans six mois au plus tard. Le gars dit qu'il va me donner 6 dollars l'heure parce que j'ai la responsabilité supplémentaire des caisses. Et il va aussi me montrer comment faire les commandes. »
« As-tu tout ça par écrit? »
« Maman, ce gars-là, Jean-Pierre, il est correct. Il dit qu'il y a de l'avenir pour moi dans le commerce et qu'il aime aider les étudiants. Ça pourrait être une expérience formidable pour moi. »
« Très bien. On va essayer un petit bout de temps. Allons manger une pizza pour célébrer cela. C'est moi qui t'invite, » de dire sa mère en riant.
Tout s'est bien passé pendant trois mois. Sébastien s'était familiarisé avec le système de commandes et s'occupait maintenant de toutes les commandes ainsi que des dépôts bancaires, de l'inventaire, et des caisses.
Et soudain, tout s'est gâté. Un vendredi soir, hold-up dans le magasin. Le collègue de Sébastien, qui travaillait de minuit à huit heures, s'affairait à mettre en tablette les produits en conserve lorsque, vers 2 h 30, deux gars portant des lunettes de ski sont entrés dans le magasin, l'un d'entre eux portant une arme à feu. L'employé leur a donné les 67 dollars qui se trouvaient dans le tiroir-caisse, mais au moment de partir, le gars le plus grand lui a tiré une balle. Il ne l'a blessé qu'à l'épaule, ce qui l'a forcé à passer quelques jours à l'hôpital, mais l'employé refusait de revenir travailler au quart de nuit.
Jean-Pierre, le patron de Sébastien, est arrivé deux jours plus tard pour lui annoncer ceci : « Tu vas prendre le quart de nuit, Sébastien, lui dit-il. Tu vas travailler le vendredi, le samedi et le dimanche soirs, de minuit à huit heures. Ça va te donner quatre heures de travail de plus. Tu as appris comment fonctionne le système; tu peux donc faire les commandes et l'inventaire la nuit. »
Lorsque Sébastien a fait part de ce changement à sa mère, sa réponse était toute prête. « Non, pas question. Tu ne travailleras pas dans ce magasin pendant ces heures-là. C'est la deuxième fois qu'il y a un vol. Il y a trop de danger que tu sois blessé, et puis, si tu travailles trois nuits par semaine, tu n'arriveras jamais à faire tes travaux scolaires. Alors dis-lui non. »
Peu importe les arguments qu'apportait Sébastien, sa mère ne voulait rien entendre. Secrètement, Sébastien ne s'en faisait pas trop. Le magasin se trouvait dans un secteur où les vols étaient fréquents, et il devait admettre qu'il avait un peu peur.
Lorsque Sébastien a dit à son patron que sa mère ne voulait pas qu'il change ses quarts de travail, les problèmes ont commencé. Jean-Pierre était furieux. « Si tu ne changes pas tes heures, dit-il, tu es congédié, tu prends la porte. Choisis ! ».
Sébastien a essayé de le convaincre de le garder, mais Jean-Pierre refusait. « Sors d'ici tout de suite. » Il a pris le balais et menacé de pousser Sébastien à l'extérieur. Sébastien a eu tout juste le temps de prendre son blouson et de partir à la course.
Deux semaines plus tard, Sébastien n'avait toujours pas reçu son dernier chèque de paie ni trouvé un autre emploi. Sa mère se disait que cela était ridicule; elle a alors tenté de le persuader d'aller consulter un avocat. « Ce gars-là t'a congédié injustement, dit-elle, et il faut que tu te battes. C'est pour ça que la loi existe. Il faut que tu apprennes à te servir de la loi de manière à être traité équitablement. N'abandonne pas simplement pas parce qu'il est plus vieux que toi et qu'il semble avoir du pouvoir. » Après bien des discussions, Sébastien est finalement allé voir un des étudiants en droit à la Clinique juridique des étudiants de l'endroit.
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