Rescol canadien
Plan de leçon

Réfléchir à la violence:
Les voies de fait

Les voies de fait – Le récit de Philippe

Il est environ 15 h 30...

« Non. J'ai entendu dire qu'ils vont venir plus tard ce soir. »

Les rumeurs vont bon train à la Polyvalente Centrale. La fin de semaine précédente, une bataille a éclaté au cours d'une danse, et un étudiant a dû être hospitalisé, la mâchoire fracturée. La plupart des étudiants croient que les fauteurs de trouble viennent de la Polyvalente du Nord, leurs plus grands rivaux au football. Ils croient même que des batailles se répéteront jusqu'à la fin de la saison de football.

Philippe déteste les batailles. Il a toujours été plus petit que les autres garçons de son âge. Comme il a souvent subi des raclées à l'école primaire, son père l'a inscrit à des cours de Tae Kwan Do. Depuis que Philippe a remporté le championnat local, plus personne n'ose le provoquer.

À 15 h 30, tous les étudiants sont rassemblés dans un terrain vague. Évidemment, les fauteurs de trouble qui ont provoqué la bataille à la danse y sont aussi, et déclenchent une bagarre.

Philippe se tient à l'écart, se rappelant à quel point il a déjà eu peur – à cette époque, il était si terrifié qu'il n'osait même pas passer à proximité d'une bataille. « Les batailles de rue, c'est stupide, pense-t-il. Il y a toujours quelqu'un de blessé. » Il fait demi-tour pour s'éloigner de cette bataille.

« Hé, regardez le minus avec le jacket de la Poly Centrale! », s'écrie l'un des batailleurs.

« Le p'tit nain essaye de se sauver », lance quelqu'un d'autre.

Deux des gars courent en direction de Philippe. L'un d'eux, le plus grand, allonge la jambe pour faire trébucher Philippe. En tombant, Philippe lui attrape la jambe et la tord.

Un craquement sonore retentit. Le grand se lamente, étendu par terre, la jambe se trouvant à un angle inhabituel et terrifiant.

Tous se taisent immédiatement. Les batailleurs se tournent vers Philippe et le fixent. Puis ils disparaissent, et Philippe rentre à la maison.

Une heure plus tard, des policiers se présentent chez Philippe pour l'interroger au sujet de la bataille. Le père de Philippe, après avoir tout entendu, les assure que son fils n'a fait que se défendre. Mais le lendemain, les policiers viennent lui signifier une assignation à comparaître. L'assignation mentionne que Philippe est accusé de « voies de faits ayant infligé des lésions corporelles », en contravention avec le paragraphe 267(b) du Code criminel du Canada. L'assignation donne la date à laquelle Philippe doit comparaître devant le Tribunal de la jeunesse.

Réfléchir à la violence: Les voies de fait - Table des matières



Retourner au Cabinet juridique



Map Page